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Mise à jour : 23-02-2010
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La pointe de Jardeheu remonte le temps

Pointe de Jardeheu A l’instar des antiquaires, comme étaient appelés les archéologues au 19ème siècle, les passionnés du Groupe de Recherches Archéologiques du Cotentin veillent sur la Pointe de Jardeheu. Ils cherchent à découvrir tous les secrets de l’histoire de l’homme, enfouis depuis 200 000 ans.

 Depuis 1984, Gérard Vilgrain et Gérard Fosse, accompagnés par d’autres amateurs éclairés, parcourent inlassablement les chemins et la côte de la Pointe de Jardeheu. Pourquoi ce lieu ? Parce que l’érosion de cette zone du littoral par les tempêtes permet de révéler des vestiges anciens : des pierres taillées, des foyers, des tessons de céramique, des structures diverses, des fours, des gabions... Une fois les vestiges repérés, une autre somme de travail commence : il faut dégager, identifier, répertorier, dater, comparer et rendre compte de ces "trouvailles" auprès du service régional d’archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Basse Normandie. Parfois, afin de compléter des recherches, des spécialistes du CNRS interviennent.

 Les recherches sont fécondes car la présence de l’homme est quasiment continue à cet endroit depuis 200 000 ans. A cette époque interglaciaire du Paléolithique moyen ancien, le niveau de la mer était plus élevé de 15 m. Sur la plage dite ancienne (fossile), une centaine de silex taillés ont été retrouvés, traces de la présence des hommes pré-néandertaliens. Des centaines d’objets de pierre datant de - 100 000 ans ont aussi été identifiés dans une nouvelle plage fossile. Celle-ci correspond à un niveau des mers plus élevé de 5 à 7 m à l’époque des hommes de Néandertal.

 Après la dernière glaciation, les hommes de Cro-Magnon, derniers chasseurs et cueilleurs, ont marqué leur présence par un foyer : une cuvette de 1m de diamètre sur 0,6 m de profondeur contenant 300 kg de blocs de granit et des restes de charbon de bois. L’ensemble a été daté par le procédé du carbone 14 de l’époque du Mésolithique moyen, soit - 6500 ans.

 Témoignage du Néolithique, période de sédentarisation des hommes, huit foyers datés de 4 500 ans ont été découverts à la pointe de Jardeheu. Plus près de nous, ont été identifiés des fragments de céramique datant de l’époque gauloise et du début de la période gallo-romaine.

 C’est au Haut moyen âge que la pointe prend son nom, d’origine Viking. Vestiges ne riment pas avec un passé éloigné : des traces de l’époque contemporaine sont aussi présentes : un corps de garde (1811), le sémaphore (1860), le chemin des douaniers et des abris (gabions), les fours à varechs et les fortifications allemandes... Même si la pointe recèle encore de nombreuses énigmes, elle livre petit à petit la mémoire de l’homme.


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