Dans le cadre du projet de recherches "histoires, archéologie et anthropologie de la presqu'île de la Hague", l'archéologue Anthony Lefort a entrepris une campagne de fouilles sur la plage d'Urville-Nacqueville. Un projet soutenu par la Communauté de communes de la Hague.
Durant le mois de septembre 2009 la plage d’Urville-Nacqueville a fait l’objet d’une opération de sondages archéologiques afin d’évaluer l’emprise du site gaulois connu depuis la fin du 19ème siècle, cerner sa nature encore indéterminée ainsi que son état de conservation quotidiennement dégradé par le jeu de l’érosion littorale.
Durant 10 jours, à proximité sous le fort, six archéologues ont découvert un site exceptionnel et rare caché sous le sable et les flots. Quelques résultats significatifs :
" Nous avons selon toutes vraisemblances affaire à une petite agglomération portuaire de la fin de l’indépendance gauloise (1er siècle avant J.-C.), tenant une place de premier plan dans les réseaux économiques du nord-ouest de l’Europe à la veille de la conquête romaine. Il n’y a pour s’en convaincre qu’à prendre en compte la nature des objets recueillis sur le site (amphores à vin provenant d’Italie romaine, lignite et céramique provenant du sud de l’Angleterre, ambre de Baltique, monnaies émises par des tribus gauloises du centre de la France, du Finistère ou encore de la plaine de Caen…). Le port gaulois devait être en relation directe avec le site portuaire britannique d’Hengistbury Head situé au nord immédiat de Nacqueville et considéré outre-Manche comme le principal point d’entrée des importations continentales dans le sud de l’Angleterre pour cette époque." précise Anthony Lefort.

Du fait de l'érosion littoral importante, ce site se devait d'être fouillé dans l'urgence avec une méthode de sondage directement inspirée de celle employée en archéologie préventive. Une série de tranchées linéaires (2 à 3 mètres de large sur 20 à 50 mètres de long) ont été creusées à l’aide d’une pelle mécanique sur la plage afin d’ouvrir des fenêtres sur le site.
Les conditions d’intervention sont très difficiles sur ce type de terrain. L’archéologue doit en effet, travailler selon le rythme des marées afin de disposer du maximum de temps nécessaire à l’observation et à l’enregistrement des données. Il ne dispose alors que d’environ six heures. La situation est rendue plus délicate par la nature du sol. Les parois sableuses de la tranchée s’effondrant brusquement.
Les observations sont donc très courtes. Une autre contrainte technique a été le ruissellement très rapide des eaux du marais littoral à l’intérieur des tranchées. Chaque tranchée a été rebouchée à la fin de la journée d’intervention afin de ne pas déstabiliser les vestiges archéologiques.
Les recherches devraient se poursuivre l’année prochaine afin de fouiller de manière exhaustive un secteur d’habitat organisé autour de rues et d’enclos qui recèlent encore bien des surprises. De nouveaux sondages seront également entrepris dans le marais littoral situé à l’arrière de la plage afin de cerner les limites sud de l’agglomération gauloise.
L’opération a été soutenue par la Communauté de communes le la Hague, le département de la Manche, l’Etat (service régional de l’archéologie), la commune d’Urville-Nacqueville. Elle a également reçu le soutien financier du ministère de la Jeunesse et des Sports dans le cadre du programme Défi-jeunes Envie d’agir.
À partir de juin, au Manoir du Tourp 2010, une exposition présentera l'histoire de l'occupation sur la presqu'île de la Hague.
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