
C’est une déclaration d’amour à sa maison, à sa femme, à sa famille et à la Hague. Avec vue sur mer , un livre paru en mars 2005, l’écrivain et scénariste Didier Decoin conjugue tendresse, humour et émotion. À travers sa première découverte de la Hague, tout gamin, puis l’incroyable périple qu’il mène avec sa femme – et un bébé en cours – pour trouver " leur maison avec vue sur mer ", Didier Decoin nous offre une autobiographie vue de la Hague. Il raconte les multiples rebondissements pour dénicher cette bicoque si convoitée, la famille qui s’agrandit au fur et à mesure, et le bonheur tranquille béni par les embruns marins et bercé par la tempête. Il décrit aussi son attachement à ce paysage qui l’a marqué lors de son enfance : « La mer n’est rouge, vraiment rouge, qu’à Ecalgrain à une certaine heure, brièvement, quand le soleil couchant comme un tube de peinture que l’artiste écrase, dégorge brusquement une coulée de sa pâte brillante et fluide, d’un incarnat si ardent, si dévorant que les plus vives couleurs de la palette semblent tout à coup d’une tristesse de suie. »
Si le livre a été salué lors de sa parution, qu’en est-il du côté de la Hague ? Des lecteurs, parfois des voisins proches, se sont faits critiques d’un jour. La réaction est unanime : le secrétaire général de l’académie Goncourt régale par son écriture fluide, agréable à lire, riche en intensité et en petits détails qui touchent. C’est un livre rare, car il parle de bonheur quotidien, permet de découvrir un homme attachant et de retrouver son espace de vie quotidienne magnifiée par la plume de l’écrivain. Car la Hague est omniprésente. Le scénariste ne s’en sert pas comme d’un décor mais comme un personnage au premier plan, celui qui partage la vedette avec la maison. Tous les lecteurs ont ressenti un sentiment familier en découvrant la description des paysages, des villages et des maisons, des habitants et des us et coutumes. Rien ne manque, ni les palettes de couleurs, ni les bruits, ni les odeurs, ni les émotions. Parfois, ils ont pris plaisir à reconnaître un voisin, même s'il n'est pas nommé. Certains, peu amateurs de Stilton ou de chutney, se sont demandé pourquoi l’écrivain allait faire ses courses sur les îles anglo-normandes ou encore si les tempêtes n’étaient pas plus fréquentes dans le livre que dans la réalité. Mais chacun a ressenti cet amour pour ce paysage, pour cette maison : « J’ai fait ce livre pour dire que je n’habite pas une maison mais que je suis habitée par elle », prévient Didier Decoin en quatrième de couverture.
Ce livre est donc à conseiller à tous, ceux qui habitent la Hague, ceux qui la connaissent un peu, pas du tout ou à la folie comme Didier Decoin. Car ce dernier réussit à faire partager l'amour de ce « bout du monde » et suscite l’envie de le découvrir et de parcourir en tous sens, à la recherche d’une maison, symbole du bonheur. À tel point que des lecteurs ont voulu savoir si la maison se visitait !
Avec vue sur la mer de Didier Decoin - Nils Editions, 214 pages - Prix : 17 €
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