De RMI en RSA, Nathalie Jouault poursuit son travail : accompagner les bénéficiaires de ces allocations dans leur parcours d’insertion. Elle reçoit dans son bureau de Beaumont- Hague les personnes pour lesquelles elle a été désignée comme référent par le Conseil général de la Manche.

Ma mission quotidienne
" J’accompagne les allocataires du RMI et maintenant du RSA dans leur parcours d’insertion dans le cadre d’une convention avec le Conseil général. Notre convention RSA va concerner 60 personnes : il n’y a pas de profil unique mais que des cas particuliers. Certaines personnes sont en fin de droit Assedic, d’autres sont proches de la retraite. Il y a également des jeunes et aussi de plus en plus de mères de famille isolées à la suite d’une séparation. "
Le passage du RMI au RSA
" Les allocataires du RMI n’ont pas besoin de faire de démarches pour intégrer le dispositif du RSA. En revanche, certaines personnes qui n’avaient pas droit au RMI peuvent être concernées par le RSA et ne le savent peut-être pas. Pour s’en assurer, le plus simple est de prendre rendez-vous avec moi et nous ferons le calcul ensemble. En effet, même s’ils touchent un SMIC, les travailleurs à revenus modestes peuvent éventuellement bénéficier du RSA, en fonction de la composition de la famille et des ressources du foyer. Enfin, le CIAS peut faire désormais directement la demande de l’allocation RSA, ce qui n’était pas le cas avec le RMI car l’instruction des demandes était de la responsabilité des CCAS. "
Un rôle en amont
" Quand une personne est allocataire du RSA et concernée par l’accompagnement obligatoire, elle bénéficie d’un accompagnement soit social, qui est de mon ressort, soit professionnel, assuré par le Pôle Emploi ou le PLIE (Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi). Le choix de l’accompagnement sera fait après un entretien. Certaines personnes dont j’assurais le suivi vont donc changer de référent si elles sont en accompagnement professionnel et devront sans doute se rendre à Cherbourg. Je vais également me charger d’une partie des entretiens d’orientation sur le territoire Cherbourg ouest, en binôme avec un représentant du Pôle Emploi pour déterminer en amont le type d’accompagnement. "
La périodicité des rendez-vous
" Je rencontre régulièrement les bénéficiaires du RSA afin de faire le point sur leur situation. Cet entretien dure environ une heure, plus lorsqu’il s’agit d’un premier rendez-vous. Mais je reçois aussi sur rendez-vous lorsque les personnes en font la demande. Je suis souvent sollicitée pour des problèmes de factures difficiles à régler. Je suis, par exemple, en contact avec la cellule solidarité EDF et nous faisons tout pour éviter la coupure. "
Tout pour l’insertion
" En parallèle, je suis aussi référent du PLIE dont le but est de favoriser l’accès ou le retour à l’emploi des personnes en difficulté d’insertion professionnelle. Je participe une fois tous les quinze jours au comité de suivi qui se déroule à la Maison de l’emploi et de la formation du Cotentin afin de faire un point sur les actions en cours, d’échanger sur les formations, les offres d’emploi… Je participe également aux comités de suivi de l’association d’insertion ORECA « Les Jardins d’Ortie » et du Relais-Enfant. Nous faisons le point sur les actions et la situation des salariés. Ces associations d’insertion peuvent proposer des contrats de six mois, éventuellement renouvelable une fois, aux bénéficiaires du RSA, demandeurs d’emploi longue durée, jeunes de moins de 26 ans mais également travailleurs handicapés. Quand, par exemple, ORECA propose une place à un bénéficiaire RSA, je le convoque pour lui proposer le contrat, je lui explique le travail et la personne rencontre ensuite le directeur de l’association. Elle peut également aller visiter le jardin pour se rendre compte du travail. "
L’angoisse du lendemain
" Il est fondamental de rompre l’isolement. Certains refusent des formations éloignées par manque de permis, de véhicule ou de possibilité de payer l’essence. Sans moyen de locomotion, il est particulièrement difficile de réussir un retour à l’emploi. Le CIAS ne dispose pas d’enveloppe financière et ne peut rien distribuer lui-même. En revanche, j’essaie de trouver des subventions, notamment des aides à la mobilité via le plan départemental d’insertion (PDI) pour aider à la réparation d’un véhicule ou à l’achat d’un scooter. Les gens que je rencontre sont souvent très angoissés car ils ne savent pas comment régler leurs prochaines factures. Il est évident que la situation empire en constatant l’augmentation des aides alimentaires et des colis d’urgence. D’autant qu’il est parfois difficile de se rendre aux Restos du coeur ou au Secours Populaire dans un canton rural où tout le monde se connaît. Dans cette période de crise, les gens se posent de plus en plus de questions. Nous cherchons à créer un climat de confiance et non des liens de dépendance avec des personnes qui savent que nous sommes là pour les conseiller et les aider dans des cas particuliers. "
Renseignements : 02 33 01 83 90
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